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> Vins: news > Goûté pour vous > Ch. de Beaucastel : La Verticale
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Château de Beaucastel : La Verticale

 
Ce n’est pas chaque année que l’on a l’occasion de déguster 11 millésimes d’un des plus prestigieux domaines de Châteauneuf-du-Pape.

Cette dégustation était donc fort attendue, d’autant que se profilait déjà à l’horizon, la joute amicale qu’allaient se livrer les plus beaux millésimes « anciens » et les deux périodes « magiques » du Rhône : 1989-1990 contre 1998-2000-2201…



Les jeunes millésimes :

Un 2003 très réussi, réglissé, confituré, très puissant mais séveux, long et riche, nous laisse augurer un très bel avenir dans un style à part puisqu’on n’a pas l’habitude de cotoyer une matière réellement impressionnante. Si les tannins se fondent, cette bouteille pourrait se révéler une des surprises du millésime ….. dans 15 ans !

2001 est en plein dans sa « mauvaise » période, puisque le nez est muet sur le côté animal, alors qu’il éclatait de fruit et d’équilibre il y a un an encore. Il faut donc impérativement l’attendre car la bouche se révèle grasse et longue. On sent que la texture est délicate et que le fruit reviendra lorsque la puissance qui domine actuellement s’estompera.

2000 : personne ne s’attendait à ce que ce millésime se goûte… Il a donc surpris tout le monde ! Le nez est d’une subtilité et d’une délicatesse rares. Pas une touche d’alcool ou trace d’un quelconque déséquilibre. La bouche confirme avec un toucher sensuel. Le vin est tendu, parfaitement équilibré, frais, pas du tout marqué par le côté rôti du millésime et la finale est interminable. Parfait pour l’instant.

1998 : le plus médiatisé des derniers millésimes tient ses promesses. Bien qu’on ne le sente pas encore parfaitement prêt, ce vin est souple avec de l’allonge. Les notes d’épices dominent actuellement ( muscade, girofle ) et doivent encore développer tout leur potentiel aromatique.


Les millésimes mi-vieux :

1995 n’arrive décidément pas à s’ouvrir. Doté d’un très beau potentiel au départ, il est depuis quelques années, bloqué sur ses tannins, ce qui le rend dur et sévère. Il me fait penser au 1983 qui était absolument dans la même phase quand il avait 10 ans et qui a superbement évolué entre 12 et 20 ans. Espérons que le 1995 suive ses traces…

1990 prend ses distances avec 1989. Très semblables au départ, ces deux années ont maintenant opté pour une voie radicalement différente. 1990 se situe dans le même registre que 2000. Tout en finesse et subtilité, il s’étire et s’allonge dans une fraîcheur somptueuse enrobée de senteurs de tabac et d’eucalyptus. Grand vin, grande garde.

1989 lui est plus classique. Ferme et tannique il développe des notes de garrigue et d’épices sur une trame réglissée. La bouche est grasse, ferme et longue. Il semble légèrement moins harmonieux que le 1990 mais sa colonne vertébrale bien marquée plaira aux amateurs de ce style de vin.

1987, année catastrophe dans le sud de la vallée du Rhône, est étonnant à presque 20 ans ! La couleur est bien sûr fort évoluée, mais les arômes tabacés sont plaisants au nez, quoique sans grande complexité. La bouche est facile, courte et plaisante. Sans grande matière, le vin se termine sur un peu de verdeur. 

 

Les vieux millésimes :

1983 a été une année très longue à se faire. Les tannins en effet étaient fermes et secs, un peu dans le style de 1995 et de 2003. Et au contraire de ces deux millésimes, le vin manquait au départ, de gras. Oh surprise, après 23 ans le voici bien agréable avec, au nez, des effluves de tabac et en bouche un toucher relativement suave, long et savoureux. A déguster impérativement sur un plat afin de compenser le léger manque de gras.

1981 est un autre cas d’école : ce vin a connu une adolescence difficile, passant par des périodes plaisantes (bouche grasse et charnue) et par des périodes de fermeture totale (réduction, ventre de lièvre, gaz..) et même par deux années ou j’ai failli éliminer mes dernières bouteilles car le vin semblait définitivement passé ! Et aujourd’hui le voici « relax », avec un nez de tabac encore et une bouche fraîche et une longueur qui nous a sidérés car les fruits revenaient en rétro sur la finale un peu sèche. Conclusion : ne jamais jurer de rien !

Enfin le grandissime millésime 1978 clôturait la série. Dernière année de mises multiples à Beaucastel, j’avais déjà goûté des bouteilles fort différentes et chance, celle-ci était superbe. A bientôt 30 ans, cette bouteille a gardé une couleur étonnante ( beaucoup plus jeune que 81,83 ou 87 ), un nez café et épicé assorti de fruits encore (!). La bouche se révélait fine et délicate avec une matière encore bien présente, grasse, fraîche, subtile et élégante avec beaucoup de longueur. Etonnant…et édifiant quant au potentiel des millésimes 89, 90, 98, 99, 2000 et 2001.

2/6/2006 PGh
 
 
 
 
 

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